En remettant Paul-Henri Sandaogo Damiba aux autorités burkinabè, le Togo a choisi son camp, sans détour et sans fioritures. L’ancien putschiste, hier hôte discret à Lomé, est devenu un colis diplomatique livré express à Ouagadougou, au nom de la coopération régionale et de la realpolitik sahélienne. Le message est clair : l’hospitalité a ses limites, surtout quand elle contrarie les nouveaux équilibres militaires.
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Accusé d’avoir ourdi des complots depuis son exil, Damiba paie le prix d’une géopolitique où la solidarité entre juntes prime sur les vieilles traditions d’asile. Lomé, qui tend la main à l’Alliance des États du Sahel, y gagne un accès privilégié aux ports, une coopération sécuritaire renforcée et un statut de voisin fréquentable dans un Sahel sous tension.
Mais cette livraison contrôlée n’est pas sans grincements. L’opposition togolaise y voit un renoncement moral, quand la presse burkinabè salue un geste de fermeté régionale. Entre garanties diplomatiques et menaces à peine voilées, l’avenir judiciaire de Damiba reste suspendu aux humeurs d’un pouvoir qui a rétabli la peine capitale.
À force de jouer les médiateurs musclés, le Togo assume une diplomatie à géométrie variable : pragmatique, rentable, et parfois… expéditive.
Wilfrid K./La rédaction







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